Ces enfants qui n’existent pas

Vous les voyez peut-être, vous les toucher, vous les aimez, vous voulez le meilleur pour eux, les voir réussir quel que soit le chemin pour y arriver… Vous les envoyez au cours primaire ou pour ceux qui ont moins de chance, en apprentissage. Mais certains enfants n’existent pas aux yeux de la loi. Tant qu’ils ne sont pas enregistrés dans les registres de l’État civil, tant que vous n’avez pas dûment retiré leur acte de naissance, ils n’existent pas. 

Qu’est-ce qu’un acte de naissance ?

« Le passeport pour la vie », c’est ainsi que Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef définit l’acte de naissance. C’est dire toute l’importance qu’elle voue et reconnaît à ce document dans la vie d’un être humain en général et de l’enfant en particulier. D’ailleurs, elle ira bien plus loin en affirmant dans une interview accordée à la CTB-Benin (Agence belge de développement) : « Un enfant sans acte de naissance n’est pas un citoyen, mais un fantôme ». Par définition, l’acte de naissance est le document juridique attestant de la naissance d’une personne. Un enfant sans acte de naissance n’existe donc pas aux yeux de la loi.

Pourquoi enregistrer les naissances ?

L’enregistrement de la naissance de votre enfant marque le début de sa vie en tant que personne physique dotée d’une personnalité juridique. Autrement dit, c’est cet enregistrement qui permet à votre enfant de bénéficier de toutes les prérogatives que la société lui reconnaît. L’enregistrement de la naissance est d’ailleurs avant tout un droit fondamental reconnu à l’enfant. L’article 7 de la Convention internationale des Droits de l’Enfant dispose : « L’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. » L’enregistrement des naissances est donc non seulement un droit pour l’enfant, mais aussi, et surtout un devoir pour les parents et à défaut, pour toute personne étant habilitée à le faire.

Quelles sont les conséquences du non-enregistrement des naissances ?

Un enfant sans acte de naissance n’existe tout simplement pas. Il est impératif de lutter pour établir pour chaque enfant un acte de naissance en bonne et due forme. Un enfant sans acte de naissance se trouve dans l’impossibilité :

  • De participer aux examens et concours académiques (CEP, BEPC, etc.), si éventuellement après de multiples difficultés il arrivait à être scolarisé
  • De disposer d’une identité (établissement de carte d’identité, passeport…)
  • De bénéficier de plusieurs services, prérogatives et droits accordés aux enfants (régimes d’assurances maladie.)

Le triste constat qui se fait est que les enfants qui atteignent l’âge de la scolarisation sans acte de naissance sont les plus sujets à toutes les formes d’exploitations économiques et d’abus. Étant incapables de poursuivre leurs études, ils sont victimes de trafic, de maltraitance, certains sont placés (vidomègon) et souffrent énormément. Les filles qui se retrouvent dans cette situation ont de fortes chances d’être victimes de mariage avant l’âge de 18 ans ou forcé. On ne s’en rend peut-être pas contre, mais le non-enregistrement de la naissance d’un enfant peut avoir de graves conséquences dans sa vie. Donnons à chaque enfant une identité, une existence juridique dès sa naissance. Que vous soyez concernés directement ou pas, aidez-nous à leur garantir ce droit fondamental. A chaque enfant son acte de naissance.

Elia Afoutou

#ForEveryChild

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